cocu


cocu

cocu, ue [ kɔky ] n. et adj.
XIVe; var. de coucou, dont la femelle pond ses œufs dans des nids étrangers
Fam.
1Personne dont le conjoint, le partenaire est infidèle. cornard. Elle l'a fait cocu. cocufier. Fig. Son associé l'a fait cocu, l'a trompé. Une veine de cocu. « Le Cocu magnifique », de Crommelynck. Terme d'injure sans contenu précis Va donc, eh, cocu !
2 Adj. Elle est cocue. Cocu, battu et content, se dit d'un mari trompé et particulièrement crédule.

cocu, cocue adjectif et nom (de coucou, la femelle de cet oiseau ayant une réputation d'infidélité) Familier Dont le conjoint ou le partenaire est infidèle. Qui est dupé, trompé : Dans toute cette histoire, tu as été le cocu, le pigeon.cocu, cocue (citations) adjectif et nom (de coucou, la femelle de cet oiseau ayant une réputation d'infidélité) Familier Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme Bourdeille vers 1540-1614 Si tous les cocus et leurs femmes qui les font se tenoyent tous par la main et qu'il s'en pust faire un cerne, je croy qu'il seroit assez bastant pour entourer et circuire la moitié de la terre. Vies des dames galantes une ronde suffisant ceindre Commentaire Il est piquant de rapprocher cette phrase de Brantôme et la Ronde de Paul Fort. Sacha Guitry Saint-Pétersbourg 1885-Paris 1957 C'est un cocu —, et c'est pour ça que je le trompe. Toâ Solar Marcel Pagnol Aubagne 1895-Paris 1974 C'est dans la marine qu'il y a le plus de cocus. Marius, III, premier tableau, 5, César Fasquellecocu, cocue (expressions) adjectif et nom (de coucou, la femelle de cet oiseau ayant une réputation d'infidélité) Familier Avoir une chance, une veine de cocu, être cocu, être très chanceux.

cocu, ue
adj. et n. Fam.
d1./d adj. Qui est trompé par son conjoint.
d2./d n. (Rare au fém.) Personne dont le conjoint, l'amant, la maîtresse est infidèle.

⇒COCU, UE, subst. et adj.
A.— Populaire
1. Celui dont la femme manque à la fidélité conjugale. Être cocu; faire son mari cocu; un cocu triste. Archi-cocu (STENDHAL, Vie de Henry Brulard, t. 2, 1836, p. 351). Soudain, une voix goguenarde lança sur l'air du « Petit navire » : il est cocu, le chef de gare! (BENJAMIN, Gaspard, 1915, p. 21). Le Cocu magnifique, pièce de Crommelynck; Sganarelle ou Le Cocu imaginaire, comédie de Molière. Il me semble que Molière a eu quelque envie de tourner indirectement en ridicule l'exagération de l'honneur des maris espagnols de Calderon dans sa comédie du Cocu imaginaire (VIGNY, Le Journal d'un poète, 1840, p. 1137) :
1. CÉSAR. — Allons, Félix, ne te fâche pas! Je ne te reproche pas d'être cocu, je sais bien que ce n'est pas de ta faute. Et puis, tout le monde le sait...
ESCARTEFIGUE, indigné. — M. Brun ne le savait pas.
M. BRUN. — Hum.
CÉSAR. — Mais si, il le savait... N'est-ce pas, Monsieur Brun, que vous le saviez.
ESCARTEFIGUE. — Que je sois cocu, ça ne te regarde pas, et ça n'a d'ailleurs aucune importance.
PAGNOL, Marius, 1931, III, 1er tabl., 5, p. 167.
Loc. proverbiale. Cocu, battu et content (p. allus. à un conte de Boccace). Mari qui manifeste ces trois caractéristiques et qui représente le comble de la crédulité (cf. MAUPASSANT, Contes et nouvelles, t. 1, La Revanche, 1884, p. 980).
2. Loc. diverses. Cocu en herbe. Celui qui est sur le point de l'être ou qui est prédestiné à le devenir. Cocu en gerbe. Celui qui l'est effectivement.
B.— P. ext. et fam., peu usité, au fém. Cocue. Femme dont le mari est infidèle. Elle [la Duchesse de Berry] nous a toutes faites cocues (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1861, p. 978).
C.— Au fig. et fam.
1. Terme d'injure sans contenu précis. Cocu!, tas de cocus!, bougre de cocu! (MALRAUX, L'Espoir, 1937, p. 595). Sale cocu! (ANOUILH, La Répétition, 1950, V, p. 124).
2. Par antiphrase. Une chance, une veine de cocu! Une chance extraordinaire :
2. Dans le quartier sa réputation de bon joueur était solide; on lui enviait son habileté et une chance de « cocu » qui lui permettait de boire à sa soif sans jamais débourser un sou.
DABIT, L'Hôtel du Nord, 1929, p. 56.
3. Dupé, trompé sans pouvoir réagir face à une situation donnée. Partout où sont les Jésuites, les curés sont des cocus spirituels (MICHELET, Journal, 1843, p. 518) :
3. Aujourd'hui, de Blum à Staline, le socialisme ne luttait plus que pour rétablir les rites, célébrer les valeurs que nous avions bafouées sur leur conseil. Nous avions beau alléger notre défaite en y mettant de l'ironie, nous nous sentions cocus, certes, et pas contents.
ABELLIO, Heureux les pacifiques, 1946, p. 277.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932 uniquement en tant que subst. masc. Étymol. et Hist. 1re moitié XIVe s. kuku (J. DE CONDÉ, La Messe des oiseaux, éd. J. Ribard, 309 [il s'agit ici d'un cri poussé par le coucou pour insulter des amants]); fin XIVe-début XVe s. (E. DESCHAMPS, Le Miroir de mariage, éd. G. Raynaud, Œuvres complètes, t. 9, p. 124 : Li cornebaux, li coquehus) [dans l'attest. de 1370 de la forme cocu donnée ds QUEM. d'apr. Delboulle (J. LEFÈVRE, Lamentations Mathedus, 2, 276) il s'agit d'un autre mot, l'adj. d'a. fr. cocu « allongé, étiré » d'orig. obsc.]. Var. de coucou dont l'étymon lat. cuculus est attesté dès l'époque class. aux sens de « imbécile, niais » et de « galant ». Les coucous ne prenant pas leur progéniture en charge n'ont pas besoin de vivre en couples comme certains autres oiseaux et ont ainsi une réputation d'infidélité. Le passage de la forme d'a. fr. cucu à cocu est prob. dû à l'infl. des mots formés sur coq (cf. les mots de la famille de coq signifiant « cocu, niais » ou « galant, débauché » ds FEW t. 2, p. 861b). Fréq. abs. littér. :253. Fréq. rel. littér. :XIXe s. :a) 89, b) 269; XXe s. : a) 713, b) 425. Bbg. BARB. Misc. 1 1925-28, pp. 42-43. — ROQUES (M.). Romania. 1953, t. 74, p. 519. — SCHMITTLEIN (R.). Une Confluence balto-rom. In : [Mél. Roques (M.)]. Paris, 1953, t. 2, pp. 251-267. — SPITZER (L.). L'Étymol. d'un cri de Paris. Rom. R. 1944, t. 35, pp. 244-250.

cocu, ue [kɔky] n. et adj.
ÉTYM. XIVe; on suppose traditionnellement une var. de coucou, la femelle de cet oiseau pondant ses œufs dans le nid d'autres oiseaux, mais le coucou n'est pas « cocu », il fait les autres « cocus »; P. Guiraud suppose un sémantisme analogue à celui de dupe; le cocu est « coiffé » métaphoriquement, c'est-à-dire trompé; or le coucou est une fleur arrondie, et la coque une « coquille ».
Familier.
1 a N. m. Homme dont la femme est infidèle; mari ou amant trompé. Cornard (fam.). — ☑ Loc. (1558). Cocu en herbe, celui qui est menacé de l'être.Cocu en gerbe, celui qui l'est après son mariage.Sganarelle ou le Cocu imaginaire, comédie de Molière. || Le Cocu magnifique, pièce de Crommelynck. — ☑ (Formule). Les cocus au balcon ! || « Si tous les cocus avaient des clochettes… » (chanson).
b Adj. m. || Il est cocu. || « Il est cocu, le chef de gare… » (chanson).
1 (…) elle ne vous tiendra foi ni loyauté conjugale, ains (mais) à autrui s'abandonnera, et vous fera cocu (…)
Il dit par Dieu vrai, tu seras cocu, homme de bien, je t'en assure, tu auras de belles cornes (…)
Rabelais, Pantagruel, III, 14.
2 Il n'est (…) cocu qui veut. Si tu es cocu, ergo ta femme sera belle (…) ergo tu auras des amis beaucoup (…)
Rabelais, Pantagruel, III, 28.
3 Et quant à moi, je trouve, ayant tout compassé,
Qu'il vaut mieux être encor cocu que trépassé.
Molière, Sganarelle, 17.
4 Si n'être point cocu vous semble un si grand bien,
Ne vous point marier en est le vrai moyen.
Molière, l'École des femmes, V, 9.
5 Pourquoi me marierais-je ? Le mieux qui puisse m'arriver, en me mariant, est de n'être pas cocu, ce que j'obtiendrai encore plus sûrement en ne me mariant pas.
Chamfort, Caractères et Anecdotes, p. 257.
c Fém. (rare). || Cocue : femme dont le mari, l'amant est infidèle.Adj. || Elle est cocue.
2 Fig. Trompé. || Son associé l'a fait cocu. || Après cette décision de leur parti, les militants se sentent complètement cocus.Au fém. :
6 (…) ce mot de Mme d'Osmont abîmant la duchesse de Berry, lors de son arrestation en Vendée, et à laquelle on demandait pourquoi elle était si dure pour la princesse et qui répondait : « Elle nous a fait toutes cocues ! »
Ed. et J. de Goncourt, Journal, t. I, p. 303.
3 Loc. Une chance, une veine de cocu, extraordinaire (d'après la croyance représentée par le dicton : heureux au jeu, malheureux en amour).
4 Terme d'injure sans contenu précis. || Va donc, eh, cocu ! || Bande de cocus, minables !
7 Tas de cocus, débrouillez-vous tout seuls ! Moi, je vous fous ma démission ! Mais vous me regretterez !
M. Aymé, le Passe-muraille, « les Bottes de sept lieues », p. 191.
DÉR. Cocuage, cocufier.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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